La population musulmane en forte progression
Selon une étude américaine, la proportion de musulmans est à la hausse dans le monde. En France, elle pourrait dépasser10 % en 2030.
Les musulmans pourraient représenter plus de 10 % de la population française d'ici à 2030. Avec la Belgique, la France serait donc le pays d'Europe où, pour la première fois, la proportion des fidèles de l'islam dépasserait ce pourcentage symbolique. Estimés actuellement à 7,5 % de la population française (4,7 millions) les musulmans de l'Hexagone passeraient ainsi à 6,86 millions, soit 10,3 %. La communauté musulmane française confirmerait ainsi sa première place parmi les pays européens.
Telle est l'une des multiples informations extraites d'une vaste étude américaine que vient de publier, à Washington, l'institut Pew Research Center, intitulée «Le futur de la population musulmane globale». L'institut américain, qui produit une foule d'études statistiques sur de multiples sujets, a travaillé avec 232 pays et territoires en rassemblant les données les plus fiables possibles. Pour la France, il s'est appuyé sur l'enquête «Trajectoires et origines», publiée par l'Ined-Insee en 2008.
Pour chaque pays, il a alors construit trois scénarios intégrant les évolutions de la fécondité féminine, de l'espérance de vie, des migrations et des moyennes d'âge dans les populations. Les résultats publiés sont ceux du «scénario moyen». Brian J. Grim, le chercheur qui a coordonné toutes les données nationales, explique au Figaro que pour la France «la projection basse pour 2030 tourne autour de 9,8 % de population de religion musulmane. Et autour de 10,9 % pour la projection haute. Les variables essentielles étant le taux de fécondité et le rythme de l'immigration. »
Plus largement, l'enquête démontre que la population de religion musulmane va continuer à s'accroître dans le monde, 26,4 % de la population mondiale sera musulmane en 2030 pour 23,4 % aujourd'hui, mais qu'elle a déjà commencé à ralentir sa progression.
«C'est le principal résultat de l'étude, explique encor e Brian J. Grim. Cette population a en effet quelques décades de retard dans sa transition vers une fécondité moindre.»
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