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21 Apr

Deux chefs d’Al-Qaida tués:«La fin d’un cycle»

Publié par al-islam-fi-nafsi  - Catégories :  #Actualités au proche et Moyen-Orient

La mort d’Omar al-Bagdadi et d’Abou Hamza al-Mouhajer au cours d’une opération commune des Irakiens et des Américains. L’avis d’un spécialiste de l’islam contemporain

Spécialiste de l’islam contemporain, Jean-Pierre Filiu explique pourquoi la mort de deux dirigeants d’Al-Qaida en Irak risque de lui porter un coup fatal. Abou Omar al-Bagdadi et Abou Hamza al-Mouhajer ont été tués au cours du week-end près du lac Tharthar lors d’une attaque commune des Irakiens et des Américains.

Le premier ministre Nouri al-Maliki et l’état-major américain crient victoire après l’élimination de Abou Omar al-Bagdadi et Abou Ayyoub al-Masri. Est-ce aussi votre avis?

Jean-Pierre Filiu: L’élimination des deux principaux responsables d’Al-Qaida en Irak, un peu plus d’un mois après les élections du 7 mars, marquées par une forte participation sunnite, représente la fin d’un cycle, ouvert par l’invasion américaine de mars-avril 2003. Al-Qaida était à l’époque de la fin du régime de Saddam Hussein totalement absente d’Irak, où elle ne prit pied que par le renversement du régime baassiste, qualifié dans sa propagande de «grâce divine». Il fallut l’impitoyable brutalité du djihadiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui pour s’imposer dans le champ de l’insurrection sunnite. Adoubé «émir» d’Al-Qaida en Irak par Oussama ben Laden en décembre 2004, Al-Zarqaoui laisse à sa disparition en juin 2006 un vide béant. C’est ce vide que comble maladroitement Abou Hamza al-Mouhajer, commissaire politique égyptien dépêché à la demande de la direction centrale d’Al-Qaida. Pour calmer les susceptibilités nationalistes irakiennes, Al-Qaida promeut à ses côtés un jihadiste irakien, Abou Omar al-Bagdadi, qui s’auto-proclame «calife» sur Internet en octobre 2006.

C’est ce couple qui tentait depuis plus de trois ans d’amortir les coups de la guérilla sunnite et nationaliste, aggravés par la perspective du retrait américain. La disparition de ce tandem laisse Al-Qaida en Irak non seulement décapitée, mais éclatée en une série de cellules devenues encore plus vulnérables à Mossoul ou Bagdad.

Quelle conséquence pour Al-Qaida dans le reste du monde après ce que vous appelez «la fin d’un cycle»?

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