A Qom, un imam proclame l'unité
Qom (Iran) - Lorsque j'étais adolescent à Téhéran, je m'en souviens, on récitait souvent ce verset du Coran après la prière à Al-Anbiyā, la mosquée du quartier: “le Messager a cru en ce qu'on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers; (en disant) : "Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers». Et ils ont dit : "Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C'est à Toi que sera le retour"”. (2:285)
Ce verset, comme de nombreux autres passages du Coran, souligne l'unicité de tous les prophètes et messagers de Dieu, ce qui nous porte à croire que nous faisons partie d'une grande communauté unique de la foi qui embrasse tous les croyants dans tout le décours de l'histoire de l'humanité.

Plus tard, seulement, j'ai compris que cette conception de l'unicité de toutes les religions est un aspect fondamental du principe islamique de monothéisme. L'islam, comme toutes les confessions abrahamiques, nous enseigne l'unité de Dieu. Il est l'unique Créateur, le seul que nous devions adorer.
En d'autres termes, ce n'est pas seulement l'univers qui doit être harmonieux et cohérent, mais les révélations divines elles aussi. Si des messages divins sont envoyés à l'humanité par le Dieu seul et unique, ces messages doivent forcément être identiques dans leur essence. Certes, quelques détails peuvent changer, en fonction de conditions et de facteurs divers, tandis que la profondeur et l'étendue des idées exprimées dans les écritures peuvent varier suivant la compréhension qu'en ont les hommes. N'est-il pas merveilleux de découvrir, après une analyse approfondie, que l'essence est toujours seule et unique elle aussi!
Rappelons encore que cet appel à l'unité de conception ne se limite pas à un public musulman. Le Coran invite tous les croyants, y compris les chrétiens et les juifs, à unir leurs efforts et à rechercher un terrain commun: “Dis : "Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions que Dieu, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors de Dieu."” (3.64)
Une bonne façon de parvenir à cette unité est d'apprendre à nous connaître les uns les autres, d'évacuer les préjugés historiques qui interdisent toute perception objective de l'autre et de construire sur un socle commun. C'est Ali, cousin du Prophète Mahomet et calife de tous les musulmans qui a dit au 7è siècle “Les peuples sont les ennemis de ce qu'ils ne connaissent pas”.
Pour tout croyant sincère, notre incapacité à ouvrir un dialogue sincère et constructif avec des gens de confession différente est un signe d'échec majeur, voire inquiétant dans le contexte de notre monde interconnecté. Nous devons tous prendre au sérieux notre responsabilité envers les fidèles des fois sœurs, surtout là où nous sommes en majorité et pouvons prendre l'initiative en allant vers nos frères des minorités.
En tendant la main aux adeptes des autres religions, surtout les plus vulnérables, nous avons l'occasion de partager les valeurs d'amour et d'hospitalité qui sont au cœur même des fois abrahamiques. Mais nous devons, auparavant, lancer cette invitation toute simple:
Parlons nous.
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