Un problème nommé Turquie
Contrairement aux pressions exercées par “les élites” en faveur d’un élargissement de l’UE à la Turquie, deux événements récents viennent de démontrer que ce scénario constituerait une erreur majeure, susceptible de tuer le projet européen dans sa dimension politique. Premier élément, la crise de l’Euro fruit de situations économiques trop disparates et d’une fuite en avant dans l’élargissement menée au détriment d’une indispensable intégration. Deuxième élément et non des moindres, les tensions croissantes entre l’État Turc et l’État d’Israël sur la question palestinienne confirment toute la difficulté à intégrer un pays musulman de 72 millions de musulmans dans un espace européen fruit de la civilisation judéo-chrétienne.
Fascinée par le potentiel économique de la Turquie et ses 6% de croissance, une majorité de la classe politique Française est ouvertement en faveur d’une adhésion de ce pays à l’UE au motif redoutable que l’espace européen n’a pas de frontières naturelles. Et pourtant, intégrer un nouvel État c’est adopter ses frontières et les risques de conflits qui vont avec. Dans l’autre sens c’est accepter un minimum de vision diplomatique commune.
L’élargissement sans fin c’est surtout le meilleur moyen de repousser sans cesse la réalisation d’une Europe politique et de limiter l’UE à n’avoir pour vocation que de constituer un marché intérieur toujours plus vaste sans que les législations fiscales et sociales ne soient harmonisées.
La Turquie se pense européenne assènent les défenseurs de son intégration. L’actualité récente permet d’en douter.
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