Un lieu de culte musulman souillé par des tags racistes
Faits divers Les inscriptions ont été découvertes, mercredi, à l'Elsau
Sur la façade du lieu de culte musulman de l'Elsau, rue de l'Unterelsau, les inscriptions ont été rapidement effacées pour ne pas leur donner plus d'écho. Réalisés durant la nuit à l'aide d'une bombe de peinture rouge, des tags islamophobes et racistes ont été découverts par une passante, mercredi vers 7 h 30. « Islam dehors », « Pas de mosquée », « Ries collabo » et « Sale arabe », pouvait-on lire au côté de cinq croix gammées peintes à l'envers.
Quid du mobile et de l'auteur
« Je suis choqué qu'on puisse s'attaquer ainsi à un lieu de culte et à l'Islam, ma religion, a réagi Mustapha Allali, le président de Ciel, l'association en charge du site. Il y a un message clair derrière cet acte, car il intervient alors que nous avons des signes positifs de la mairie pour notre projet de mosquée dans le quartier. » En décembre, le maire (PS) Roland Ries avait indiqué, malgré des critiques, qu'il ne s'opposait pas à sa réalisation, mais qu'il fallait encore déterminer où. La question sera tranchée « avant l'été », dit Olivier Bitz, l'adjoint (PS) en charge des cultes. En revanche, estime-il, « il est encore trop tôt » pour déterminer s'il existe bien une relation entre le dossier et ces inscriptions unanimement condamnées par la classe politique et les autorités religieuses. Propriétaire du bâtiment, la mairie a d'ailleurs décidé de porter plainte, tout comme l'association Ciel.
À ce stade des investigations, pour les enquêteurs également, rien ne permet de déterminer le mobile exact des tags et l'identité de leur(s) auteur(s). Des images de vidéosurveillance du secteur, situé à l'arrière de la maison d'arrêt, vont notamment être visionnées. Seule certitude, selon une source policière, ils « ne sont pas à relier » avec les profanations et la série d'actes et graffitis racistes commise dans le département en 2010. Dans l'après-midi, la rumeur circulait que des dissensions au sein de la communauté musulmane de l'Elsau pouvaient être à l'origine de l'affaire, ce que « dément » Mustapha Allali.
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