Un chef de la police religieuse, jugé libéral, dément son renvoi
RYAD: Un haut responsable de la police religieuse saoudienne a démenti mercredi avoir été renvoyé après s'être dit, dans la presse, favorable à la mixité dans le royaume ultraconservateur.
"Je poursuis mon travail dans mon service, je n'ai pas connaissance d'une décision formelle sur mon limogeage", a déclaré à la chaîne de télévision Al-Arabiya cheikh Ahmed al-Ghamdi, chef de la Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (muttawa) à La Mecque.
Des informations sur son possible limogeage se sont répandues dans la presse saoudienne, à la suite d'une interview en décembre dans laquelle il se disait favorable à la possibilité pour des hommes et des femmes de se rencontrer hors du cercle familial. Il avait notamment donné en exemple une université de Jeddah, inaugurée l'année dernière par le roi Abdallah, où hommes et femmes peuvent travailler ensemble.
Il n'existe pas de preuve formelle de l'interdiction dans l'islam des rencontres entre hommes et femmes sans lien familial, tant que la femme est voilée, a-t-il souligné mercredi.
L'Arabie saoudite, royaume ultraconservateur qui pratique le wahhabisme, une interprétation puritaine de l'islam, impose une stricte séparation des sexes et interdit à la femme de voyager, se marier ou avoir accès aux services médicaux sans la présence ou l'autorisation d'un membre masculin de la famille. Elle n'a également pas le droit de conduire.
La muttawa peut arrêter et condamner à des peines de prison tout contrevenant.
Ces règles strictes sont critiquées par les libéraux saoudiens, les femmes ainsi que les organisations de défense des droits de l'Homme, qui les jugent discriminatoires envers les femmes.
La semaine dernière, cheikh Ahmed avait également défendu dans la presse la possibilité pour les commerces de rester ouverts lors de certaines heures de prière, comme celle de midi. Les magasins ferment habituellement lors des cinq prières quotidiennes.
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