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09 Mar

Tunisie : Controverse à propos de la loi islamique

Publié par Al-islam-fi-nafsi  - Catégories :  #Actualités international sur l'islam

Jetant aux oubliettes ses belles promesses, Ennahdha veut faire de l’islam la source principale de la législation. Partis de gauche et démocrates se mobilisent.

 

Moins de trois mois après sa victoire électorale – 89 sièges sur 217 –, le parti Ennahdha n’a pas tardé à annoncer la couleur : faire de la charia la source de la législation. C’est ce qu’a préconisé le chef du groupe parlementaire d’Ennahdha, Sahbi Atig. « La religion ne relève pas du domaine privé, mais d’un ordre public et d’un mode de vie », déclarait-il le 28 février lors du débat consacré sur le projet de constitution.

 

« Nous voulons appliquer progressivement la charia. Cette dernière doit se faire selon trois références fondamentales, qui sont le Coran, la Sunna et l’unanimité des savants de la Umma islamique, et doit émaner d’une demande du peuple », a renchéri le député et dirigeant du parti, Sadok Chourou. Ajoutant que « couper les mains des voleurs ou flageller les femmes adultères ne peuvent être appliqués si le contexte socio-économique ne s’y prête pas ». Et afin qu’il n’y ait aucun doute sur les intentions de son parti, le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a assuré que « l’article de la Constitution stipule que la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République, et il pourrait mentionner que la charia est la source principale de la législation tunisienne ».

 

Fini donc ce temps – c’était le 4 novembre dernier –, où le même Ghannouchi déclarait : « Nous sommes tous d’accord pour conserver l’article 1er de la Constitution qui déclare que l’islam est la religion et l’arabe la langue officielle du pays » et qu’« il n’y aura pas d’autres références à la religion dans la Constitution ».

 

Pour ne pas être en reste, d’autres partis se sont engouffrés dans la brèche. Ainsi en est-il du groupe de la Pétition populaire (26 députés, troisième force parlementaire), du milliardaire basé à Londres, Hachemi Hamdi, un ex-proche de Ben Ali, qui revendique que « l’islam soit la principale source de la législation », ou du groupe Liberté et Dignité (12 députés), qui veut que « le Coran, la Sunna et l’unanimité des fuqaha (jurisconsultes) » soient « les principales sources de législation ».

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