Nouvelle série de violences meurtrières en Irak
Des attentats à la voiture piégée ont fait au moins 31 morts et 91 blessés lundi 8 novembre dans trois villes du sud de l'Irak à majorité chiite. Les chiites iraniens, qui se rendent en grand nombre sur les lieux saints d'Irak depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003, comptent notamment parmi les cibles privilégiées des sunnites d'Al-Qaida, qui les considèrent comme des apostats. Ces attentats interviennent alors que les mouvements politiques du pays étaient réunis pour tenter de surmonter huit mois de désaccords sur la formation d'un nouveau gouvernement.
L'attaque la plus sanglante a eu lieu vers 8 h 45 (5 h45 GMT) et a fait dix morts, dont quatre Iraniens, et 42 blessés, dans le nord de Kerbala, à 110 kilomètres au sud de Bagdad, ville abritant deux des principaux sanctuaires de l'islam chiite. "Un kamikaze conduisant une voiture piégée s'est fait exploser près d'un bus transportant des pèlerins iraniens", a indiqué un responsable de la police. Vers 13 heures (10 heures GMT), une voiture piégée a par ailleurs explosé dans la vieille ville de Najaf, à 150 kilomètres au sud de Bagdad, visant encore des pèlerins iraniens. Six d'entre eux et deux Irakiens ont été tués, parmi lesquels le chauffeur du bus qui les transportait. C'est dans cette ville que repose Ali, gendre de Mahomet, vénéré par les chiites.
IMPASSE POLITIQUE
Une troisième voiture piégée a explosé dans la soirée dans un quartier animé de l'ouest de Bassora, la grande ville portuaire du Sud, faisant 10 morts et 30 blessés, selon un responsable militaire. A Khalis, au nord de Baqouba, dans la province multiethnique de Diyala, une bombe a aussi explosé contre un magasin de nourriture, faisant un mort et trois blessés, selon le commandement des opérations de la province. A une vingtaine de kilomètres au sud de Mossoul, la grande métropole du Nord, deux policiers ont péri dans l'attaque de leur point de contrôle, a-t-on appris de source policière.
Des centaines de milliers de fidèles, notamment d'Iran, se rendent en pèlerinage chaque année à Kerbala et Najaf, occasionnant des attroupements qui ont souvent été pris pour cibles par les insurgés sunnites depuis la chute de l'ex-président Saddam Hussein en 2003.
Ces violences interviennent alors que les dirigeants politiques irakiens, réunis lundi à Erbil, la capitale du Kurdistan, se sont donné deux jours supplémentaires pour finaliser un accord sur le partage du pouvoir afin de mettre fin à huit mois de crise politique. Le premier ministre sortant, le chiite Nouri Al-Maliki, semble en voie d'obtenir un second mandat mais peine à obtenir l'adhésion des dirigeants d'Irakia, bloc multiconfessionnel soutenu par les sunnites.
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