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03 Nov

Les jeunes musulmans de France, de plus en plus pratiquants

Publié par Al-islam-fi-nafsi  - Catégories :  #Société et Économie musulmane

"On l'avait pas vu venir, celle-là". C'est, en substance, l'enseignement principal que tirent aujourd'hui les sociologues et observateurs à la lecture d'études récentes, qui témoignent d'une progression de la pratique de l'islam en France, en particulier chez les plus jeunes.

 

L'islam, deuxième religion en France

Le journal Le Monde publie ce vendredi 2 novembre les résultats d'un recoupement d'études récentes sur les religions en France. Le bilan témoigne d'un recul sans appel des croyances dans la société française, à la faveur de chiffres frappants : 63% des 18-24 ans se disent "sans religion" en 2012, à peine 5% des catholiques français vont régulièrement à la messe...

 

Face à cette tendance générale, une seule religion progresse : l'islam. Avec 4,7 millions de fidèles dans leurs rangs selon une étude de 2010, les musulmans forment aujourd'hui le deuxième groupe religieux du pays. Un groupe qui, en plus d'être nombreux, semblerait être de plus en plus pratiquant. Le nombre de musulmans "déclarés" a ainsi doublé entre 1966 et 2012, représentant aujourd'hui 3,2% de la population française.

 

Les jeunes, symboles de cette évolution

Cette tendance aura même, semble-t-il, vocation à s'accentuer avec le temps. C'est le deuxième enseignement principal de ces études. Là encore, deux chiffres, mis en parallèle, sont révélateurs : 65% des catholiques pratiquants ont plus de 50 ans, tandis que 73% des musulmans pratiquants ont moins de 54 ans.

 

Les musulmans les plus pratiquants sont ainsi les plus jeunes. C'est ce qu'a constaté Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, dans une étude à paraître en 2013. "L'affirmation musulmane, écrit-il, se généralise chez les Français de 18-25 ans issus de l’immigration du Maghreb, du Sahel et de Turquie". 30% d'entre eux font par exemple les cinq prières quotidiennes (contre 20% pour leurs aînés de 40 ans et plus !) ; 90% respectent le jeûne du mois de ramadan et mangent "halal".

 

Au-delà des chiffres, c'est sur le terrain que se lit cette évolution globale de la communauté musulmane en France. Les mosquées, longtemps cantonnées à des locaux exigus, voient aujourd'hui leur nombre multiplier de façon exponentielle. En témoignent les projets de grandes (et belles!) mosquées à travers la France, de Strasbourg à Clamart, en passant par Hérouville, Mulhouse ou encore Saint-Denis.

 

D'où vient ce retour à l'islam ?

Ces jeunes, et moins jeunes, qui fréquentent les mosquées, qui pratiquent leur islam, qui sont-ils ? Les sociologues et journalistes s'évertuent à chercher dans ces tendances les traces d'une quête d'identité, d'une absence de repères, faisant de l'islam un véritable substitut au désarroi de cette jeunesse. Il faut dire que cette évolution a surpris : depuis des décennies, ces mêmes spécialistes prévoient un recul de la pratique religieuse chez ces nouvelles générations de musulmans, qu'on a prétendues de plus en plus intégrées par une volonté d'assimilation post-coloniale française.

 

La réalité, elle, est tout autre. Nés en France et Français pour la plupart, ces jeunes musulmans se sont rapprochés de leur religion par choix et non par défaut. Inopportune est la démarche des sociologues d'opposer à la spiritualité l'Ecole, l'Etat ou la République. L'être humain est pluriel : ces musulmans ne se construisent pas, en tant que musulman, par opposition à une société, à un système. Sinon, comment expliquer que de plus en plus de ces jeunes, réussissent à la fois dans leur religion et dans leur parcours social et professionnel ?

 

Ce retour à la foi des jeunes générations de musulmans est beaucoup plus profond. Il s'est nourri du développement des moyens de communication et notamment d'Internet, facilitant la transmission du savoir religieux. Il a été permis par une alphabétisation dont les générations précédentes n'ont pas pu profiter aussi massivement. Il est le fruit, enfin, du travail de longue haleine qu'ont mené les associations religieuses, y compris dans les quartiers, en ouvrant la porte des mosquées aux jeunes (prêches en langue française, initiatives sociales...).

 

Ces réalités, nul ne peut les exprimer en sujets de "20 heures", en images frappantes, en Unes de magazines... Alors, souvent, on leur préfère la mise en exergue de comportements marginaux, isolés, en marge même de l'islam. Un jour, peut-être, société et médias français réaliseront que l'islam en France ne peut se partager en deux voies : celle des musulmans intégrés, autrement dit non-pratiquants, et celle des musulmans radicaux, les musulmans "sans gêne". Le véritable islam des musulmans de France, lui, ne se construit pas par rapport à la société. Il se construit intérieurement, individuellement, pacifiquement, chez ces hommes et ces femmes qui se "déclarent" musulmans sans rien en demander à personne. Quoiqu'en dise "Le Point".

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