Le port du voile pénalise les prestations
L'aide sociale peut-elle châtier un habillement non conventionnel? Fribourg a tranché.
"Il n'est pas concevable que des femmes ne trouvent pas de travail à cause de leur voile et qu'elles demeurent ainsi des années à charge des services sociaux", a déclaré à la "SonntagsZeitung" et au "Matin Dimanche" la conseillère communale Marie-Thérèse Maradan, directrice des affaires sociales.
La conseillère communale socialiste explique que si un Suisse boit trop et ne peut pas participer à un programme d'intégration par le travail, les mêmes réductions sont appliquées. Sa décision est en relation avec un programme d'occupation destiné à assurer la garde des enfants après l'école, où le voile ne peut pas être accepté. Un recours a été déposé contre cette décision.
Décision de justice très attendue
Le canton de Zurich connaît également des cas où la pratique religieuse fait obstacle à l'intégration de personnes à charge de l'assistance sociale. Ruedi Hofstetter, chef des Services sociaux de la ville de Zurich, attend avec intérêt l'issue du recours déposé à Fribourg. Selon lui, il est souhaitable que la justice se prononce sur un cas d'espèce touchant une grande ville afin que l'on sache si de telles réductions sont légalement admissibles.
Walter Schmid, président de la Conférence suisse des institutions d'action sociale s'oppose à la décision fribourgeoise: "L'aide sociale n'est pas là pour châtier celui ou celle qui s'habille de manière non conventionnelle".
Pour sa part, Qaasim Illi, porte-parole du Conseil central islamique suisse (CCIS), considère que la procédure appliquée à Fribourg est discriminatoire. "Il ne devrait pas y avoir à choisir entre l'Islam et une place de travail", a-t-il souligné.
Source ==> http://www.tsr.ch/
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