Le nouveau discours “anti-système” d’Oussama Ben Laden

Le 29 janvier, cinq jours après avoir menacé les Etats-Unis de nouvelles attaques terroristes, Oussama Ben Laden refait parler de lui en devenant le champion de la lutte contre le réchauffement climatique.
Dans son dernier discours, Ben Laden dénonce « la responsabilité de toutes les nations industrialisées », dont les Etats-Unis, coupables de « ne pas avoir signé le protocole de Kyoto, afin de satisfaire les intérêts des grandes compagnies ». Démontrant qu’il n’est pas sensible qu’au vert de l’islam mais aussi au vert de l’écologie, le chef d’al-Qaida sait que derrière la carapace verte de l’environnementalisme peuvent se cacher des révolutionnaires rouges ou autres altermondialistes qui partagent une même haine du système capitaliste industriel occidental et des Etats-Unis.
Pour les séduire, Ben Laden propose ainsi de « boycotter le dollar et de s’en débarrasser, seul moyen de libérer l’humanité de l’esclavage de l’Amérique et de ses compagnies ». Cette nouvelle rhétorique « altermondialiste » a pour obectif de faire sortir al-qaida de l’isolement, de séduire les anti-américains, anti-capitalistes et anti-israéliens du monde entier afin de créer un courant de pensée « anti-système » qui œuvre dans les médias et dans les débats intellectuels à relativiser, nier ou justifier la barbarie d’al-Qaida. Ce qui est déjà le cas de ceux qui nient le 11 septembre ou pensent que les islamistes sont les
nouveaux révolutionnaires face au « néocolonialisme » de l’Occident.
En guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah
D’où le fait que bien qu’étant l’ennemi du nationalisme palestinien, du Hamas et de l’Autorité palestinienne (al-Qaida plaide pour une Oumma islamique sans frontières), Oussama cherche aussi à apparaître depuis trois ans comme le meilleur défenseur du palestinisme, cause suprême des Arabes mais aussi des mouvements d’extrême gauche, des No Global et même des néonazis. Ainsi, le 24 janvier dernier, en revendiquant l’attentat manqué sur un avion de ligne américain le jour de Noël et en menaçant les Etats-Unis de nouvelles attaques « s’ils poursuivaient leur soutien à Israël »,BenLaden a voulu faire oublier que son organisation est en guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah, soutiens des terroristes palestiniens les plus dangereux pour Israël.
Continuateur des révolutionnaires rouges d’antan et des totalitaires bruns des années 1930-1940, al-Qaida n’est ni écologiste (Ben Laden n’a jamais dénoncé le pétrole), ni propalestinienne (elle combat tout nationalisme qui divise la Oumma islamique internationale), ni même alliée des révolutionnaires rouges, qu’elle a combattus pendant la guerre froide. Son réel dessein de guerre est l’établissement d’un califat mondial régi par la lecture la plus totalitaire de la loi islamique (charia). Un ordre théocratique, réactionnaire et moyenâgeux dont les premières victimes sont les musulmans libres et que devraient combattre les progressistes du monde entier.
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