L'islam au cœur de la loi libyenne
Le chef des autorités de transition vient d'annoncer que l'islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye. Il affirme également qu'il s'agira d' un islam modéré, mais d'ores et déjà, l'ONU et Washington demandent des garanties…
Les islamistes sont-ils en train de faire main basse sur la Libye ? Le chef des autorités de transition, Moustapha Abdeljalil, a affirmé hier que l'islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye, mais a voulu aussi rassurer un Occident à qui il doit la victoire.
« Nous n'accepterons aucune idéologie extrémiste de droite ou de gauche. Nous sommes un peuple musulman, à l'islam modéré et nous allons rester sur cette voie », a néanmoins précisé le chef des nouvelles autorités, arrivé samedi pour sa première visite à Tripoli depuis le début de la révolte en février.
La société libyenne est conservatrice et religieuse, et les islamistes, en particulier les Frères musulmans, qui ont selon les analystes une véritable assise populaire, ont joué un rôle de premier plan dans la révolte contre Kadhafi.
Depuis la chute de Tripoli le 26 août, les nouveaux dirigeants insistent cependant sur leur attachement à un islam modéré qui, selon eux, réunit l'écrasante majorité des Libyens.
À New York, les Nations unies ont pressé le CNT, issu de la rébellion, de placer davantage de femmes à des postes clés et de donner plus de poids à l'égalité entre les sexes dans la future Constitution.
« Nous avons reçu des ébauches de la (nouvelle) Constitution libyenne. Nous comprenons qu'elles sont préliminaires et provisoires, mais elles ne respectent pas les changements modernes selon lesquels la vie politique » ne concerne pas que les hommes, a déclaré l'ambassadeur de Norvège à l'ONU, Morten Wetland.
Les États-Unis ont aussi annoncé que la n° 2 de leur ambassade en Libye, Joan Polaschik, était à Tripoli pour examiner les conditions d'une réouverture complète de la chancellerie, probablement dans quelques semaines.
Entretemps, Mouammar Kadhafi, toujours combatif, a affirmé n'avoir d'autre choix que de lutter « jusqu'à la victoire ».
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