L'imam de Drancy réaffirme le « besoin d'islam de France »
De passage à Lille, accompagné du journaliste Farid Hannache, Hassen Chalghoumi a livré aux étudiants de l'École supérieure de journalisme sa vision d'un islam tolérant et parfaitement intégré à la République.
Une position qui brise les clichés. Ils prêchent la tolérance et la République dans le maelström des débats fébriles et des postures délétères. Hassen Chalghoumi et Farid Hannache, coauteurs du livre Pour l'islam de France ont posé leur bâton de pèlerin à l'ESJ pour réaffirmer que les musulmans doivent faire partie intégrante de la nation française, ni plus ni moins. Ce message, Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, en paie d'ailleurs le prix quotidiennement depuis 2009. En raison de son soutien à la loi contre le port de la burqa, il s'est attiré les foudres d'une frange radicale de l'islam et ne peut se déplacer sans escorte.
Mais l'objectif de tolérance et d'intégration n'empêche pas l'argumentation critique. Principaux destinataires des boulets rouges tirés par les deux hommes : la classe politique et les représentants du culte musulman en France au sein du CFCM. « Les politiques, de droite comme de gauche, agitent le concept d'islam de France depuis des années, explique Hannache. Mais son application reste un voeu pieux. À travers le CFCM crée en 2003, les politiques ont sous-traité à des puissances étrangères (Algérie, Maroc...) l'organisation du culte musulman ». Comment envisager dans ce rapport de dépendance à l'extérieur une parfaite intégration, avec des imams provenant de ces pays, s'interroge Hassen Chalghoumi. « C'est une forme d'ingérence insupportable, qui peut mener à l'importation d'idéologies et de provocations qui peuvent aller assez loin. Les imams doivent être formés ici, en France ». Une requête que l'imam de Drancy n'est pas allé jusqu'à porter au débat sur la laïcité organisé par l'UMP, auquel il était convié.
« Je suis pour des assises de l'islam, pour discuter de ce que doit être l'islam de France. Ce n'était pas l'objet, je crois, dans ce calendrier.
Mais le débat doit exister. Les musulmans ne veulent qu'une chose : être des citoyens comme les autres ». Que l'imam se rassure, ce débat a des chances de se prolonger...
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