L'imam de Drancy est-il trop républicain?
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Imam Hassen Chalghoumi, le 25 janvier dernier. Il quitte la mosquée sous escorte après avoir reçu des menaces de mort.
Voilà sept semaines que cela dure. Chaque vendredi, depuis la fin de janvier, la mosquée Al-Nour (la Lumière) de Drancy (Seine-Saint-Denis), qui rassemble parfois jusqu'à 3000 fidèles, est le théâtre de manifestations et d'altercations, à l'heure de la grande prière. Bousculades, invectives, simulacres d'agression: sous l'oeil vigilant de la police et des caméras de télévision, le rituel est rodé. D'un côté, le service d'ordre improvisé par l'Association culturelle des musulmans de Drancy (ACMD) filtre l'accès au lieu de culte pour empêcher les "fanatiques" d'entrer. De l'autre, une cinquantaine de contestataires, menés par Abdelhakim Sefrioui, le leader d'un groupuscule radical, appellent à la démission de Hassen Chalghoumi, président de l'ACMD et l'un des imams de la mosquée.
"Sioniste!", "Agent du Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France]!", "Ennemi d'Allah!", hurlent-ils, avant d'appeler à une prière concurrente sur le parking voisin. La mosquée, curieux parallélépipède de briques ocre surmonté d'une vigie blanche, se trouve au fond d'une zone d'activités commerciales, juste à côté d'un stade. La manifestation organisée devant les grilles tourne bientôt au happening islamiste, ponctué de Allah akbar! et de références explicites aux moudjahidin, les combattants de la guerre sainte. Ces jusqu'au-boutistes, pour la plupart étrangers à cette ville de 65 000 habitants, tentent d'attirer à eux quelques fidèles locaux.
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