Kadhafi : Turpitudes de père en fils
Les fils du colonel Kadhafi suivent le même chemin que le "frère guide" : tyrannie, femmes et magouilles en tout genre.

Les menaces de Seif al-Islam, le fils modéré.
Second fils de la deuxième épouse du guide de la révolution libyenne, Saif al-Islam, 39 ans et des allures de play-boy, était jusqu’à présent considéré comme un « modéré », en tout cas, le plus diplomate du clan. A la tête de sa « fondation Kadhafi », il pratiquait une sorte de diplomatie parallèle. Il avait notamment œuvré, en 2000, pour la libération des otages du groupe Abou Sayyaf, sur l’île de Jolo, en Idonésie, et, en 2007, pour celle des infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés d’avoir contaminé du virus du sida des enfants de l’hôpital de Bengazi. Il avait également participé à l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie, en 1988 et du DC10 d’UTA, l’année suivante. En 2004, il confiait même à la BBC son souhait que « la Libye se réforme pour devenir une démocratie directe. » Néanmoins, il est depuis soupçonné d’avoir financé le politicien autrichien d’extrême droite, Jörg Haider, mort en octobre 2008 dans un accident de voiture.
Depuis quelques jours, changement de ton. Plus question d’avancée démocratique. « Nous avons le moral et le dirigeant Mouammar Kadhafi mène la bataille à Tripoli et nous sommes derrière lui comme l’armée libyenne », a lancé Seif al-Islam, lors d’une allocution télévisée diffusée dans la nuit de dimanche à lundi. Menaçant, il poursuivait : « Nous sommes derrière lui comme l’armée libyenne. » Précision : « La Libye n’est pas la Tunisie ou l’Egypte… Elle est composée de clans et d’alliances… Il n’y a ni société civile ni partis politiques. » Et de prévenir : « Des forces tentent de détruire la Libye et de la démembrer et le résultat sera une guerre civile. Personne ne se soumettra à l’autre et nous nous battrons. » Il ajoutait : « Nous continuerons à nous battre jusqu’au dernier homme debout, jusqu’à la dernière femme debout… La Libye tombera dans une guerre civile… Nous nous entre-tuerons dans les rues. »
Motassim Bilal Kadhafi, dit Hannibal, le plus allumé de la famille
Agé de 35 ans, le cinquième fis du colonel Kadhafi, Motassim Bilal, surnommé Hannibal, constitue, à lui seul, une rubrique de faits divers. Médecin, lieutenant diplômé de l’Académie militaire égyptienne, il cumule les scandales. En 2001, à Rome, sortant ivre d’une discothèque, il provoque une bagarre avec des policiers italiens. Malgré trois blessés parmi les membres des forces de l’ordre, il bénéficie de l’immunité diplomatique. Deux ans plus tard, nouvelle bagarre, toujours à Rome, six photographes sont blessés. En 2004, c’est à Paris qu’il se fait remarquer. Arrêté pour excès de vitesse sur les Champs-Elysées (140 km/heure) et non-respect des feux rouges, il ordonne à ses gardes du corps de cogner sur les policiers qui tentent de l’interpeller. Un agent de la BAC (brigade anti-criminalité) est blessé. Là encore, l’immunité diplomatique le protège de toute poursuite. En 2005, alors qu’il séjourne au Grand Hôtel Haussmann, près de l’Opéra Garnier avec sa compagne, enceinte de huit mois, celle-ci l’accuse de l’avoir battue. Nouvelle bagarre avec les policiers et les médecins du Samu. Une vérification approfondie permet de prouver que son passeport diplomatique ne lui assure pas l’immunité, réservée aux personnels d’ambassade. Quatre mois de prison avec sursis. En 2007, il est impliqué dans un réseau de call-girl sur la Côte d’Azur. En juillet 2008, la police suisse l’arrête à Genève pour mauvais traitements sur deux employés de maison. Aussitôt le clan Kadhafi se mobilise. Aïcha, la sœur d’Hannibal, dénonce « le comportement raciste de la Suisse ». Il sera mis en détention, puis libéré après avoir versé une caution de 500.000 francs suisses (312.000 euros). Cette affaire provoque une grave crise diplomatique entre les deux pays. Enfin, en décembre 2009, à Londres, il est soupçonné, dans un hôtel, d’avoir battu sa femme.
Al-Saadi, alias « le hooligan », le fils à papa footballeur
Son surnom, « le hooligan », al-Saadi Kadhafi le doit à la fusillade mortelle qu’il a déclenchée dans un stade de Tripoli. Car ce fils Kadhafi, né en 1973, colonel comme son père, est un passionné du ballon rond. A sa manière. Admirateur de l’Argentin Javier Saciola et du Brésilien Ronaldo, il devient, en 2002, joueur et… actionnaire de la Juventus de Turin, avant de rejoindre l’équipe de Pérouse, celle d’Udine et, enfin, la Samdoria de Gênes. En 2003, il dépense 300.000 euros, pour disputer avec le club Al-Ittihad, qu’il préside, une rencontre amicale contre le Barça de Barcelone. La même année, il est contrôlé positif à la nandrolone. Il mettra un terme à sa carrière de footballeur pour prendre la tête d’une unité d’élite de l’armée libyenne. A la fin de la semaine dernière, son père l’aurait envoyé à Benghazi.
Source ==> francesoir.fr
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