Al-Qaida à Gaza voulait frapper la France
Des policiers égyptiens font évacué le soukde Khan el-Khalili, au Caire, le 22 février 2009, suite à l'explosion d'un engin qui visait un groupe de lycéens français de Levallois-Perret qui achevait un voyage d'agrément.
Le groupe terroriste est suspecté d'être l'auteur de l'attentat du Caire qui avait coûté la vie à une lycéenne française, le 22 février 2009.
Deux ans après l'attentat du Caire visant des Français, c'est désormais à une enquête tentaculaire que s'attelle le juge antiterroriste Yves Jannier. Une enquête où il apparaît que la branche d'al-Qaida à Gaza a délibérément ciblé les ressortissants français et projeté de frapper au cœur même de Paris. C'est, en tout cas, ce qui ressort des PV d'audition d'une Française, soupçonnée d'être impliquée dans le réseau terroriste. Celle-ci, Dodi Hoxha, est sous les verrous depuis le 19 novembre dernier, mise en examen pour «avoir participé à une entente établie ou à un groupement formé en vue de la préparation d'actes de terrorisme», ainsi que pour avoir «participé, financé une entreprise terroriste».
Le 22 février 2009, une explosion déchire la nuit cairote près du bazar Khan el-Khalili. Visé: un groupe de lycéens français de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), qui achevait un voyage d'agrément. Cécile Vannier, 17 ans, est tuée sur le coup et 24 autres personnes blessées. Trois jours après l'attentat, des informations font état d'une note rédigée au Caire par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Selon ce document, les jeunes Français auraient été pistés par un groupe terroriste qui aurait voulu «faire payer à la France la participation de la frégate Germinal au blocus de Gaza». Malgré les demandes répétées de l'avocat des victimes, le juge Jannier n'a pas réclamé communication de cette note, mettant en doute jusqu'à son existence. Il semble pourtant établi que le bâtiment de la Marine nationale a effectivement participé à la surveillance des côtes de Gaza durant dix jours à partir du 24 janvier 2009. En outre, les témoignages des adolescents concordent et affirment qu'ils ont été suivis en différents lieux par plusieurs inconnus au cours de leur séjour.
En mai 2009, la Sécurité d'État égyptienne procède à l'arrestation de sept suspects. Parmi eux, la Française d'origine albanaise retient l'attention de la Direction centrale du renseignement intérieur, la DCRI. Née en banlieue parisienne, mariée deux fois et mère d'un garçon de dix ans, elle était connue des services de police avant l'attentat. Bien que jamais condamnée ni inquiétée, l'antiterrorisme l'avait fichée en raison de ses déplacements à Londres et de ses contacts avec Omar Bakri, connu pour ses prêches prônant le djihad armé. Selon les autorités égyptiennes, tous les suspects, y compris la Française, sont «affiliés à al-Qaida». Coup de théâtre, après un déplacement au Caire, le juge Jannier annonce aux parties civiles, début 2010, que les sept individus restent soupçonnés d'appartenir à une cellule terroriste mais «n'auraient pas perpétré l'attentat du Caire», dixit les autorités égyptiennes. Suite (presque) logique, tous sont libérés et la Française est expulsée du Caire le 10 mars 2010.
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